Hier, le 8 Mars 2004, la République islamique a déclaré « illégale » une manifestation de femmes prétextant qu'aucune demande d'autorisation ne lui était parvenue alors qu'une demande avait été déposée par les organisatrices auprès du ministère de l'Intérieur de la république islamique.
Plusieurs centaines d'iraniennes (environ 800 femmes et 200 hommes solidaires de la cause des femmes) ont bravé cette « interdiction » et se sont réunies dans le Parc « Laleh ». Il faut savoir que les miliciens chargent les manifestants qu'ils aient ou pas obtenu l' « autorisation du ministère d'intérieur ».
Elles ont scandé des slogans hostiles au régime dont « nous saurons unies pour abattre la tyrannie ». Elles ont chanté plusieurs fois de suite l'hymne national iranien « Ey Iran ! » (Oh Iran !), interdit depuis la révolution islamique. C'est un élément fondateur de l'identité nationale iranienne. (…) Quand des manifestants le chantent, les miliciens et les forces anti-émeutes ont conscience du caractère politiquement hostile des manifestants envers la république islamique et ses lois archaïques.
Hier, le 8 mars, « Journée internationale des femmes », les miliciens de la république islamique ont donné la charge. Ils ont frappé leurs victimes avec leurs armes favorites, matraques et chaînes de vélo, visant principalement les jambes et surtout le visage afin de les marquer. Un très grand nombre d'entre elles ont été gravement blessées au visage et des témoins font état de visages et de têtes très ensanglantés. Les hommes qui les accompagnaient ont été battus à mort et ensuite traînés sur le sol.
Hier, le 8 Mars 2004 à Téhéran, des Iraniennes sont descendues dans la rue pour que le monde soit témoin de leur détresse. Shirin Ebadi, Nobel de la Paix 2003, n'a pas cru bon de décommander son voyage à Genève pour être aux côtés de ces femmes afin qu'elle puisse bénéficier d'une couverture médiatique. Shirin Ebadi (…) est plus occupée à condamner la loi Stasi en France ou plus concernée par le sort des terroristes détenus à Guantanamo que par ses propres concitoyens.